Faut-il ouvrir un PER en 2026 ?
Publié le 1 juin 2026 sur Gestion & Patrimoine
Malgré les évolutions législatives de ces dernières années, et il y en a eu quelques-unes, le Plan d’Épargne Retraite reste une enveloppe fiscale parmi les plus efficaces pour les contribuables fortement imposés. Encore faut-il savoir l’utiliser au bon moment, dans le bon cadre, et avec la bonne stratégie.
Une enveloppe qui a évolué depuis 2019
Créé par la loi PACTE en 2019, le PER a connu de nombreuses modifications depuis son lancement. Plafonds de déduction, règles de liquidation, conditions d’âge, taux de prélèvements sociaux… chaque loi de finances apporte son lot d’ajustements. Certains sont favorables, d’autres viennent encadrer davantage le dispositif.
C’est justement ce qui rend l’accompagnement, selon moi, indispensable. Car ce n’est pas parce que les règles évoluent que l’enveloppe perd de son intérêt. En revanche, une nouvelle loi peut remettre en cause une stratégie qui était parfaitement alignée il y a encore un an. C’est pourquoi des points réguliers avec son CGP permettent de vérifier que ce qui a été mis en place reste pertinent.
Le levier fiscal, toujours très puissant
Pour autant, au milieu de tous ces ajustements, l’essentiel ne bouge pas. Le PER reste l’un des outils les plus puissants pour réduire ses impôts.
Peu importe les évolutions législatives, son principal attrait ne change pas : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable.
Concrètement, si vous êtes soumis à une tranche marginale d’imposition de 30 %, 41 % ou 45 %, chaque euro versé génère une économie d’impôt immédiate. Une économie qui peut elle-même être réinvestie sur le plan.
Mieux encore, si votre TMI baisse au moment de la retraite (ce qui est d’ailleurs souvent le cas), vous aurez déduit vos versements à un taux élevé, et vous serez taxé à un taux plus faible au moment de récupérer votre argent. C’est là tout l’intérêt. Et cerise sur le gâteau, ces déductions échappent au plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € par an.
Quels montants pouvez-vous déduire en 2026 ?
Le montant déductible correspond au plus élevé entre :
- 10 % de vos revenus d’activité de 2025 (N-1) nets de frais, dans la limite de 8 PASS, soit un plafond maximal de 37 680 € pour 2026 ;
- 10 % du PASS 2025 (N-1), soit un minimum de 4 710 €.
Si vous êtes travailleurs non-salariés (TNS), le plafond est bien plus généreux. Il peut atteindre jusqu’à 88 911 € en 2026(1).
Le PER protège aussi votre conjoint
On parle beaucoup de la fiscalité du PER. Mais il y a un autre atout que l’on oublie trop souvent de mentionner, celui de la protection du conjoint.
Eh oui, le PER joue un vrai rôle de filet de sécurité familial. Si votre conjoint ou partenaire de PACS décède, vous pouvez débloquer votre propre PER par anticipation, sans impôt sur le revenu. Et si c’est vous qui disparaissez en premier, votre PER peut être transmis à votre conjoint survivant sans droits de succession.
En bref, le PER permet de profiter d’un capital disponible, fiscalement optimisé, pour préserver un niveau de vie, et ce n’est pas rien. C’est d’ailleurs cette dimension patrimoniale qui justifie à elle seule d’intégrer le PER dans une réflexion globale, bien au-delà d’une simple (mais oh combien importante) optimisation fiscale.
Les nouveautés 2026 à intégrer dans la stratégie
Première nouveauté, et elle est de taille : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. Si vous alimentez votre PER après cet âge, vous perdez l’avantage fiscal à l’entrée. Il est donc important d’anticiper.
Autre changement à ne pas négliger : les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %. Ce taux s’applique aux gains lors d’une sortie en capital, ainsi qu’à la sortie en rente. Un point à intégrer dans vos calculs de rendement.
Bonne nouvelle en revanche, le délai de report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans. Une vraie opportunité à anticiper, notamment lors d’une année de revenus exceptionnels. Attention toutefois, cette extension ne s’applique qu’aux plafonds acquis à compter du 1er janvier 2026. Concrètement, en 2026, vous ne pourrez mobiliser que les plafonds non utilisés depuis 2023 au plus tôt.
Enfin, petit rappel : le PER est strictement réservé aux personnes majeures depuis janvier 2024. Les plans ouverts au nom d’un enfant mineur avant cette date ne peuvent plus être alimentés.
Une épargne bloquée, sauf exceptions
On ne va pas vous le cacher : l’argent versé sur un PER est bloqué. Bloqué jusqu’à l’âge légal de départ à la retraite, soit 64 ans pour les assurés nés à partir de 1969. Aucune avance n’est possible, et le plan ne peut pas être donné en garantie.
Cela dit, la loi prévoit des cas de déblocage anticipé. Et ils sont plus concrets qu’on ne le pense.
- Les accidents de la vie : décès du conjoint ou partenaire de PACS (nous en parlions d’ailleurs plus haut), invalidité, surendettement, expiration des droits au chômage, liquidation judiciaire d’une activité non salariée. Dans ces situations, le capital est exonéré d’impôt sur le revenu. Les gains restent toutefois soumis aux prélèvements sociaux, désormais à 18,6 %.
- L’acquisition de la résidence principale ensuite : c’est possible, mais fiscalisé. Le capital correspondant aux versements déduits est soumis au barème progressif de l’IR, sans abattement de 10 %. Les gains, eux, sont taxés au PFU ou au barème sur option, auxquels s’ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux.
Conclusion
Comme nous l’avons vu, les évolutions de 2026 viennent modifier les paramètres, mais pas la pertinence du dispositif. Ce qu’il faut analyser, c’est si le PER est l’outil le plus efficace pour répondre à vos objectifs patrimoniaux. Et c’est justement là qu’un accompagnement fait toute la différence.
Croiser une expertise fiscale, juridique et en investissement, c’est ce qui permet de construire une réflexion vraiment adaptée à votre situation. Et de l’ajuster lorsque la législation évolue de manière significative, ou que vos projets changent.
Vous souhaitez faire le point sur votre stratégie PER ? N’hésitez pas à contacter l’un de nos Conseillers en Gestion de Patrimoine. Il vous recontactera dans les plus brefs délais 😊 !
(1) Pour les travailleurs non-salariés, le plafond de déduction est calculé différemment : il correspond à 10 % du bénéfice imposable de l’année en cours, dans la limite de 8 PASS, auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. C’est cette combinaison qui permet d’atteindre un plafond maximal de 88 911 € en 2026
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et pédagogique. Elles ne constituent pas un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Nous vous recommandons de consulter un Conseiller en Gestion de Patrimoine avant toute décision.

