 MATCH Assurance-vie
en France ou au Luxembourg ?
[ 05/02/10 - 16H01
]
Les contrats d'assurance-vie haut
de gamme relevant du droit luxembourgeois
présentent des atouts par rapport aux contrats
français, notamment en terme de gestion
financière et de fiscalité. Étude
comparée.
Pour les contrats d'assurance vie s'adressant
aux épargnants, la France fait bonne figure. Peu
chargés, ses produits sont relativement
performants comme l'illustre les rendements pour 2009. Mais dès qu'il s'agit de
solutions haut de gamme destinées à une
clientèle soucieuse de gérer sa fortune et/ou
de transmettre son patrimoine, les contrats de
droit luxembourgeois constituent de sérieux
concurrents.
Une gestion financière plus fine
Le Commissariat aux assurances
luxembourgeois distingue trois types de contrats
sur la base des capitaux investis :
- Ceux à moins de 250.000 euros
: possibilité d'investir dans un choix important
de fonds. Par exemple des fonds monétaires,
obligataires, convertibles, des fonds investis en
actions, des fonds assortis ou non d'un capital
garanti.
- De 250.000 à 2.500.000 euros
: le souscripteur peut investir dans les fonds
énumérés ci-dessus. De plus, il a la
possibilité de transférer un portefeuille
titres cotés, à condition de prendre la
précaution de vendre dans un premier temps ses
titres, puis de les racheter. Dans ce cas de
figure, il loge son portefeuille titres dans l'enveloppe
de l'assurance-vie luxembourgeoise. Quitte à
donner un mandat de gestion au gérant d'actifs
de son choix, implanté en France ou ailleurs,
qui deviendra la banque dépositaire du contrat
dédié. La réglementation française, elle, n'autorise
pas de dissocier le dépositaire du contrat, de
la compagnie d'assurance.
- Plus de 2.500.000 euros :
le souscripteur dispose bien sûr des
possibilités détaillées ci-dessous. De plus,
il peut intégrer des titres non cotés dans son
contrat. " Au Grand Duché, la
philosophie est simple : plus le souscripteur
dispose de moyens financiers significatifs, moins
il a besoin de protection, analyse Philippe
Baillot, directeur de la Banque Privée à la
Bred. Cette souplesse peut constituer une
opportunité par exemple pour les actionnaires de
société dans le cadre d'une opération de
rachat par les cadres ". En France, pas
question d'intégrer des titres non cotés dans
un fonds dédié.
Des avantages fiscaux pour les
non résidents
A ce stade, il convient de
distinguer si le souscripteur du contrat d'assurance
vie de droit luxembourgeois réside en France ou
non. " Si le souscripteur réside en
France, un contrat d'assurance vie de droit
luxembourgeois ne lui procure aucun avantage
fiscal spécifique, poursuit Philippe Baillot.
Comme pour un contrat français, il doit
acquitter les prélèvements majorés des
retenues sociales en cas de rachats ultérieurs,
et en cas de décès, le contrat sera soumis à
la fiscalité française ".
Rappelons que ces ponctions se chiffrent à 25% +
12,1% pour tout rachat effectué avant 4 ans, à
15% + 12,1% pour tout rachat réalisé entre 4 et
8 ans, et à 7,5% + 12,1% pour les rachats
opérés après 8 ans.
En revanche, si un contribuable
français souscrit un contrat de droit
luxembourgeois et devient non résident (il paie
ses impôts ailleurs qu'en France), il profite
à plein des conventions fiscales entre les deux
pays, sachant qu'au Grand Duché, il n'existe pas
de retenue à la source. Qu'il s'installe par
exemple au Maroc ou en Grande- Bretagne, il
pourra effectuer des rachats sur son contrat sans
avoir à acquitter les prélèvements majorés
des retenus sociales. Autre avantage : en tant qu'expatrié,
le souscripteur n'a pas besoin de faire figurer l'actif
de son contrat dans sa déclaration ISF.
Le match France-Luxembourg
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Contrat de droit français
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Contrat de droit
luxembourgeois
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Gestion financière
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impossibilité d'investir
dans des titres non cotés dans un fonds
dédié
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possibilité d'investir dans
des titres non cotés dans le cadre d'un
fonds dédié
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Fiscalité
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taxe de 20% sur les capitaux
versés aux héritiers d'un contrat
souscrit par contribuable français
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pas de taxe de 20% sur les
capitaux versés aux héritiers d'un
contrat souscrit par un non résident
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Le must consiste à devenir non
résident avant de souscrire. Par exemple en s'installant
en Belgique, comme le font nombre d'entrepreneurs
soucieux de céder leur affaire, sans
supporterles prélèvements sociaux de 12,1% sur
la plus-value. En souscrivant un contrat d'assurance-vie
de droit luxembourgeois, leurs héritiers
échapperont à la taxe de 20% applicable lorsque
le capital dépasse 152.500 euros par
bénéficiaire. Rien n'oblige d'être expatrié
à vie. A condition de passer cinq années hors
des frontières, le fisc français incite nos
compatriotes à revenir dans l'Hexagone en leur
proposant un régime impatrié. Avec à la clé,
une exonération d'ISF pendant cinq ans, sous
certaines conditions. L'assurance vie souscrite
au Luxembourg ou dans tout autre pays étranger
reste à l'abri de la fameuse taxe de 20% en cas
de succession. Un avantage non négligeable.
MARTINE DENOUNE, les Echos
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