 Finances
Personnelles
Assurance-vie :
le plus des contrats luxembourgeois
[ 28/04/09
- 17H18 ]
Grâce
au mécanisme du super privilège, l'épargne
placée dans les contrats d'assurance-vie
luxembourgeois est plus protégée que celle
logée dans les contrats français. Toujours
au Grand Duché, les fonds dédiés aux gros
clients sont assortis d'une plus grande souplesse
de gestion.
Dans l'actuelle
tourmente financière, l'assurance-vie
luxembourgoise est en train de retrouver un
avantage concurrentiel. En souscrivant un contrat
au Grand Duché, le particulier bénéficie d'une
plus grande protection qu'en France. "La-bas,
le versement des fonds impose de rédiger une
convention tripartite entre la compagnie d'assurances
luxembourgeoise, la banque dépositaire et le
Commissariat aux assurances", rappelle
Charles Brunswick, directeur associé chez
Bordier gestion privée, société de gestion et filiale
française de la banque privée suisse Bordier
& Cie. Rien de tel en France, où le
souscripteur n'est lié qu'à une compagnie d'assurances.
Le super
privilège des souscripteurs
Au sein d'une
compagnie luxembourgeoise, il existe deux types
de patrimoine : d'une part, les actifs propres de
la compagnie, d'autre part, les actifs sous-jacents
aux contrats d'assurance-vie et aux contrats de
capitalisation constituant un "patrimoine
distinct". Dans le scénario catastrophe,
où un assureur ne peut plus honorer tous ses
engagements vis-à-vis de ses clients, ceux-ci
détiennent un super privilège primant tous les
autres créanciers, quels qu'ils soient sur le
patrimoine distinct. "Le super
privilège au bénéfice des preneurs d'assurance
ou souscripteurs leur garantit donc de
retrouver la totalité des provisions techniques
de leur contrat en cas de défaillance de la
compagnie d'assurances", indique-t-on
chez Fortis. Cette disposition relève de l'article
39 de la loi modifiée du 6 décembre 1991 sur le
secteur des assurances au Grand Duché. "Dans
le cas, où le patrimoine distinct ne suffit pas
à rembourser tous les clients, ces derniers ont
un privilège sur l'autre patrimoine de la
compagnie, en vertu de l'article 40 de la article
39 de la loi modifiée du 6 décembre 1991 sur le
secteur des assurances, au Grand Duché",
précise-t-on chez Cardif Lux International.
Qu'ils
versent 10.000 euros ou 1 million d'euros sur un
contrat d'assurance-vie luxembourgeois, les
souscripteurs bénéficient de ces dispositions
"locales".
Les
fonds dédiés à partir de 500.000 euros
En matière
de contrats à "fonds dédiés",
le Grand Duché procure une certaine souplesse de
gestion par rapport à la France. Pour ces
contrats "sur mesure" s'accompagnant d'un
ticket d'entrée de 500.000 euros, les
souscripteur ont certes accès à des unités de
compte boursières, mais aussi à des nouveaux
supports financiers.
"Au
Luxembourg, les souscripteurs de contrat d'assurance-vie
ou de capitalisation, avec comme sous-jacent un
fonds interne dédié, peuvent affecter une
partie de leurs avoirs à des fonds alternatifs,
à des produits structurés, et pourquoi pas à
des actions de certaines sociétés non cotées",
poursuit Charles Brunswick. Cette liberté d'investissement
trouve son origine dans la circulaire 08/1
émanant du Commissariat aux assurances à
Luxembourg. Entrée en vigueur le 2 janvier 2008,
elle accompagne l'évolution de nouveaux supports
financiers, comme les fonds alternatifs, et
améliore la flexibilité des produits d'assurance
liés à des fonds d'investissement proposés par
les compagnies luxembourgeoises.
Cette
stratégie revient à loger une partie de son
portefeuille boursier dans l'enveloppe d'un
contrat d'assurance-vie ou de capitalisation
adossé à un fonds dédié. Plus le montant de
ce portefeuille boursier est élevé, plus la
marge de manoeuvre est grande pour diversifier
ses actifs boursiers détenus en sec ou dans l'enveloppe
de l'assurance-vie . Par conséquent, "une
condition de fortune" détermine l'orientation
du fonds interne. Au préalable, le client signe
un contrat d'assurance-vie auprès d'une
compagnie luxembourgeoise, la compagnie ouvre
auprès d'une banque dépositaire un compte
spécial pour la police souscrite. Ensuite,
le client verse sa prime directement sur ce
compte et peut fort bien déléguer le
pilotage de son contrat, à un tiers tel qu'une
société de gestion. Dans un souci d'organisation
patrimoniale, l'assurance permet de se constituer
une épargne à long terme tout en
sécurisant relativement son capital.
MARTINE
DENOUNE, Les Echos
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