La
Tribune.fr - à 5:47 22/02/2007Les charmes de l'assurance-vie
en cas d'expatriation
On
connaît les avantages fiscaux et successoraux de
l'assurance-vie. Ses atouts lorsqu'on est
expatrié sont moins connus. Stéphanie Auféril,
partenaire (local partner) au sein du cabinet
Baker McKenzie SCP, décortique le mode de
fonctionnement d'un contrat en cas d'expatriation.
Placement
financier favori des Français, l'assurance-vie
constitue un mode de gestion du patrimoine très
flexible. Elle permet en outre une transmission
de patrimoine hors succession, dans le cadre d'un
environnement fiscal favorable aux transmissions
importantes: les sommes remises aux
bénéficiaires de contrats d'assurance-vie en
cas de décès de l'assuré, correspondant aux
primes investies avant le 70ème anniversaire de
l'assuré, sont en effet soumises à un
prélèvement de 20% après application d'un
abattement de 152.500 euros par bénéficiaire.
Les sommes remises aux bénéficiaires à raison
de primes investies - au-delà de 30.500 euros -
après le 70ème anniversaire de l'assuré sont
soumises aux droits de mutation par décès.
En cas d'expatriation
à l'étranger, l'assurance-vie présente des
avantages fiscaux sans équivalent.
En effet, le
prélèvement de 20% n'est pas dû lorsque le
souscripteur était, au jour de la souscription
du contrat, non-résident français. Cette
exonération est applicable quelles que soient
les modifications intervenues ultérieurement
dans la résidence fiscale du souscripteur, en
particulier, lorsque le souscripteur (re)devient
résident français après la souscription, et -
éventuellement - verse des primes
complémentaires en cette qualité (sous réserve
bien entendu de situations abusives). Cette
tolérance n'est toutefois pas applicable en cas
de versement de primes après 70 ans.
La plus grande
prudence est recommandée s'agissant de l'appréciation
de la résidence fiscale hors de France pour les
besoins de l'exonération du prélèvement de 20%.
En effet, c'est uniquement en application des
critères de résidence fiscale prévus par le
code général des impôts, et non des
conventions fiscale internationales, qu'il sera
déterminé si le souscripteur avait bien sa
résidence fiscale hors de France au jour de la
souscription: une personne sera considérée
comme ayant conservé sa résidence en France si
l'une des conditions suivantes est remplie (i)
son foyer ou séjour principal est situé en
France, (ii) elle exerce des activités
professionnelles non accessoires en France, (iii)
elle a le centre de ses intérêts économiques
en France.
Ainsi, sous
certaines conditions, il est possible de
transmettre en franchise de droits de mutation
des sommes au travers d'une assurance-vie
souscrite en tant que non résident fiscal
français, même dans le cas où le souscripteur/assuré
viendrait suite à la souscription, à résider
et décéder en France.
Stéphanie
Auféril
|